Dakar, janvier 2026
Manifeste politique du Club T
Pour la reconstruction de la conscience de classe et d'une alternative révolutionnaire en Afrique
Par Ada Pouye
Sommaire
Préface à l’édition panafricaine (2026)
Ce manifeste n’est pas un texte académique. C’est une arme.
Il naît de la colère lucide face à l’impasse du capitalisme néocolonial, de la faillite des appareils politiques hérités des indépendances et de la paralysie d’un syndicalisme trop souvent inféodé.
Le Club T se veut un laboratoire stratégique pour une génération qui refuse l’humiliation de la précarité, le mépris des élites et la prédation des richesses du continent.
Dakar, janvier 2026
Préambule
Nous vivons une époque de basculement historique.
Le Sénégal, l’Afrique et le monde sont traversés par une crise profonde du capitalisme mondial, des institutions politiques traditionnelles et des modèles de domination hérités de l’ordre néocolonial.
Les peuples subissent :
- la précarité généralisée
- le chômage massif des jeunes
- l’endettement structurel des États
- la confiscation des richesses nationales
- la faillite des syndicats
- la crise morale des élites politiques
- la marchandisation de l’éducation, de la santé et des droits sociaux
- les nouvelles formes d’aliénation numérique et culturelle
Mais de nouvelles résistances émergent :
- mouvements citoyens
- luttes syndicales autonomes
- mobilisations de la jeunesse
- combats féministes populaires
- résistances paysannes
- aspirations souverainistes
- révoltes contre les oligarchies politiques et financières
C’est dans cette période charnière que naît le Club T : espace de réflexion stratégique, de formation politique et d’organisation intellectuelle au service des travailleurs, de la jeunesse et des peuples africains.
Le Club T se réclame de l’héritage révolutionnaire du trotskysme, de l’internationalisme prolétarien et des combats historiques du mouvement ouvrier sénégalais et africain.
I. NOTRE CONSTAT : UN SYSTÈME À BOUT DE SOUFFLE
1. La faillite des partis traditionnels
Les partis issus des indépendances, de la social-démocratie ou du libéralisme ont montré leurs limites historiques. Ils se sont transformés en appareils électoraux déconnectés des masses.
Leur participation répétée aux régimes successifs a produit : opportunisme, clientélisme, bureaucratisation, corruption, abandon des luttes sociales.
La crise actuelle des formations politiques classiques traduit l’épuisement d’un cycle historique.
2. La crise du syndicalisme historique
Le syndicalisme a perdu une grande partie de sa capacité offensive.
Une fraction importante des directions syndicales : s’est institutionnalisée, s’est éloignée des travailleurs, s’est intégrée aux appareils d’État, a abandonné la perspective de transformation sociale.
Face à la précarisation du travail et à l’expansion du secteur informel, un nouveau syndicalisme de lutte doit émerger hors des cadres de la prébende et de l’inféodation à l’État.
3. Le capitalisme néolibéral détruit les sociétés africaines
Le capitalisme mondialisé organise : le pillage des ressources minières, l’endettement permanent, la dépendance économique, la destruction des services publics, la marchandisation des besoins fondamentaux.
Les institutions financières internationales imposent des politiques d’ajustement qui aggravent la misère, la fragmentation des classes populaires et l’effacement des conquêtes sociales.
II. CE QUE NOUS PROPOSONS : REFONDER L’OUTIL RÉVOLUTIONNAIRE
Le Club T n’est ni un parti électoraliste, ni un cercle d’intellectuels fermé. C’est un chantier permanent au service des luttes.
Nos trois missions indissociables :
- Formation politique systématique des militants (lecture matérialiste, histoire des mouvements sociaux, analyse de la dépendance).
- Recherche stratégique sur les dynamiques du capitalisme périphérique et les brèches possibles.
- Intervention dans les luttes réelles : grèves, occupations, comités de quartier, mobilisations féministes et écologiques.
Nous défendons :
- L’indépendance politique absolue vis-à-vis des bailleurs, des États impérialistes et des gouvernements corrompus.
- La démocratie socialiste interne : mandats impératifs, révocation des délégués, assemblées générales souveraines.
- La mise en réseau des luttes paysannes, féministes, ouvrières et écologiques contre l’accaparement des terres et l’extractivisme.
III. APPEL À LA GÉNÉRATION COMBATTANTE
À vous, travailleurs précaires, enseignant·es sans moyens, étudiant·es révolté·es, paysannes et pêcheurs spoliés, jeunes sans avenir, artistes critiques, fonctionnaires étouffés par l’austérité :
Le Club T est votre maison.
Nous refusons la résignation et les illusions des solutions gestionnaires.
Nous voulons reconstruire la conscience de classe là où le capitalisme néolibéral tente de la dissoudre.
Rejoignez-nous pour :
- Créer des cercles d’étude et des cellules locales
- Mener des enquêtes ouvrières et paysannes
- Lancer des campagnes de solidarité avec toutes les luttes anticoloniales (Palestine, Sahara occidental, bassin du Congo)
- Préparer une Convention nationale des luttes pour jeter les bases d’un véritable parti révolutionnaire ouest-africain
Postface – Pour une Internationale des ruptures
Le Club T appelle à la reconstruction d’une Internationale prolétarienne adaptée au XXIe siècle : décentralisée, démocratique, résolument anticapitaliste.
Ni compromis avec les oligarchies locales, ni alliances contre-nature. L’heure est à la méthode révolutionnaire : organisation indépendante, propagande systématique, action directe des masses, pouvoir aux travailleurs·euses.
« Ni dieu, ni maître, ni FMI. Le pouvoir aux travailleurs·euses. »
Club T – Section Sénégal, en gestation pour l’Afrique de l’Ouest
Contact : cellule@clubt.africa
Reproduction et diffusion libres, toute altération opportuniste sera combattue.
Dakar, janvier 2026